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Perturbateurs endocriniens : 1 point pour les lobbies, 0 pour la santé
Article mis en ligne le 4 juillet 2016

par Commune de Pettoncourt
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Depuis plus de vingt-cinq ans, de nombreuses études démontrent les effets nocifs des produits chimiques capables d’interférer avec le système hormonal (endocrinien) des êtres vivants, il s’agit des perturbateurs endocriniens. Ces substances sont présentes dans de nombreux objets de consommation : plastiques, cosmétiques, peintures… Et elles sont soupçonnés par la communauté scientifique de contribuer à l’augmentation de nombreuses maladies : infertilité, cancers, diabète, obésité, problèmes neurologiques, trouble du développement du cerveau…

L’Organisation Mondiale de la santé (OMS), a proposé en 2002, de définir ces perturbateurs comme des « substances chimiques d’origine naturelle ou artificielle étrangères à l’organisme qui peuvent interférer avec le fonctionnement du système endocrinien et induire ainsi des effets délétères sur cet organisme ou sur ses descendants ». L’UE devait à son tour adopter une définition de ces substances, notamment afin de rendre opérationnel le règlement « Pesticides » adopté en 2009 qui prévoit l’interdiction des perturbateurs endocriniens. Mais après plus de 2 ans de retard, la définition retenue par la Commission apporte des modifications à la définition internationale. Un perturbateur endocrinien serait « Une substance qui a des effets indésirables sur la santé humaine et qui agit sur le système hormonal, et dont le lien entre les deux est prouvé ».

Ces différences, qui peuvent paraître minimes, ont pourtant d’importantes conséquences. Tout d’abord la référence à la « santé humaine » induit l’idée qu’il faudra attendre d’observer des effets sur l’homme et non plus prendre en compte les signaux d’alerte provenant du monde animal et de l’environnement. Cette nuance signifie en fait que si une substance produit un effet nocif sur un organe ou une fonction d’un animal cela ne suffira pas à classer cette dernière comme perturbateur endocrinien pour l’homme. Par exemple, le tributylétain (TBT), substance toxique, utilisée auparavant dans les peintures des coques de bateaux, qui a été interdit en France dans les années 1970 du fait de ses effets sur les mollusques marins (changement de sexe), ne serait pas classé comme un perturbateur endocrinien selon la définition de la Commission.

Surtout, afin de complaire à l’industrie chimique, forte consommatrice et productrice de perturbateurs endocriniens, l’approche de la Commission n’est plus fondée « sur le danger » mais sur une « évaluation des risques ». Cette distinction permet de mesurer la nocivité des substances alors qu’elles sont déjà sur le marché, en fonction de calculs prenant en compte l’exposition, selon un principe de seuil et non plus en se basant sur le danger « intrinsèque » de la substance. Cette approche autorise alors l’octroi de dérogation pour les substances demeurant, soit-disant, à de faibles seuil d’expositions. Ce qui, en résumé, permet de revenir sur l’interdiction de ces perturbateurs.

Cette définition, dictée par les lobbies, montre encore une fois la complaisance de la Commission face aux multinationales et la nécessité d’admettre que l’intérêt général humain commande une stricte séparation des institutions politiques avec les intérêt privés particuliers.


"Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux." Benjamin Franklin

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