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Pour ou contre l’implantation d’un méthaniseur aux portes de Marsal
Article mis en ligne le 20 février 2016

par Commune de Pettoncourt
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Un long article du Républicain Lorrain revient à quelques jours de l’ouverture de l’enquête publique sur l’implantation de l’unité de méthanisation à proximité de Marsal.


A Marsal, le projet de méthanisation divise

Une unité de méthanisation est en projet à Marsal, dans le Saulnois. Mais son emplacement aux pieds des remparts de Vauban fait débat.

Laurent Paté et Jean-Marie Simerman, deux porteurs du projet de méthaniseur, porté par 23 agriculteurs du Saulnois désireux de bonifier leurs déchets organiques.

Difficile d’imaginer, lorsqu’on arpente Marsal, dans le Saulnois, que la commune était autrefois une fourmilière. Ville de garnison, lieu militaire stratégique, centre industriel et religieux, le village était connu jusqu’à la cour de Louis XIV. C’est désormais un tranquille bourg de quelque 200 âmes, à l’économie essentiellement basée sur l’agriculture. Mais qui pourrait voir renaître une activité mi-agricole, mi-industrielle.

En effet, c’est ici, plus précisément à équidistance entre Marsal et Haraucourt-sur-Seille, que 23 agriculteurs locaux portent un projet pour le compte de la SAS Méthanisation Seille environnement, présidée par l’un des leurs, Laurent Paté. Ils envisagent de fonder une unité de méthanisation dont l’activité est, pour simplifier, de générer du gaz à partir de déchets agricoles – collectés par les paysans associés – qui serait revendu aux opérateurs clients.

L’entreprise est privée, mais compte de multiples soutiens publics, et s’inscrit parfaitement dans le Grenelle de l’environnement.

Pourtant, elle est encore loin de sortir de terre. Si le permis de construire est acquis, toutes les autorisations ne sont pas encore obtenues. Et l’enquête publique n’a encore été ouverte. A ce propos, il ne fait de doute pour personne que quelques habitants de Marsal ou d’Haraucourt-sur-Seille auront leur mot à dire. Car une opposition, plutôt polie bien que farouche, est née depuis de nombreux mois sur la question de l’emplacement sur le lieu-dit Fort de Haraucourt.

Des nuisances ?

L’usine serait en effet bâtie à deux pas des fortifications construites par Vauban. Cela suscite l’objection de certains qui ne comprennent pas comment les Bâtiments de France ont pu donner leur aval, Marsal possédant plusieurs sites classés. « Je rappelle quand même qu’une autorisation avait été demandée par la commune pour l’implantation d’un lotissement de cinq maisons et que celle-ci s’est vu refuser le projet pour une sombre histoire de vue aérienne », souligne Christian Egloff, le porte-parole de la contestation.

Plus encore que cela, ce sont les nuisances (notamment olfactives) et les dégradations de voies causées par les passages de camion qu’il craint. Un argument que Laurent Paté écarte : « Qu’ils viennent voir à Ribeauvillé, qui est un endroit encore plus touristique. L’unité de méthanisation là-bas ne pose aucun problème. » Le bruit aussi suscite la crainte de certains Marsalais. « Quand les archéologues ont fait les fouilles préventives, on a très bien entendu le bruit du godet ! », insiste Christian Egloff.

Bref, si le combat se joue à fleurets mouchetés, il n’en demeure pas moins réel. Sur internet, une pétition a été signée par 200 personnes. Elle réclame, non pas l’abandon du projet, mais son déplacement un peu plus loin des zones historiques et habitées.

Philippe DERLER


La contestation du choix du lieu d’implantation du méthaniseur est conduite par Christian Egloff, un habitant de Marsal.

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Pourquoi ai-je entamé cette démarche ?

Cela fait 25 ans que j’habite Marsal et, début 2014, une réunion publique était organisée dans notre village concernant l’implantation d’un méthaniseur dans le Saulnois. Je m’y suis rendu avec mon épouse et quelle ne fut pas notre surprise en apprenant que ledit méthaniseur allait se situer à l’entrée de notre village !

Il y avait beaucoup d’agriculteurs dans la salle, de Marsal et des environs, mais peu d’habitants du village .

On nous a donc présenté le projet, projet gigantesque , d’une unité de méthanisation impliquant 21 exploitations agricoles. (maintenant 23 NDLR)
Notre première réaction a été de soumettre l’idée de délocaliser ce projet. En réponse , les principaux antagonistes nous ont rétorqué que tous les autres terrains à proximité du pipeline, allant de Moyenvic à Dieuze ,étaient situés en zone inondable. Par la suite , les porteurs de ce projet ont tenté de nous rassurer quant aux nuisances générées par l’usine. Vu son gigantisme, je préfère parler d’usine de méthanisation que d’unité.

Nous sommes donc rentrés chez nous et , inutile de vous dire que nous avons passé une mauvaise nuit.

Le temps s’étant écoulé , personne n’osait prendre l’initiative de "faire quelque chose". Il faut savoir, qu’à Marsal , la plupart des habitants sont plus ou moins famille avec un agriculteur.

Pour ma part, ce n’est pas le cas. Ce constat m’a amené à exprimer ouvertement mon désaccord quant au lieu d’implantation du projet en créant cette pétition en ligne.

Les désaccords :

1 - L’emplacement.

Situé à l’entrée de notre village, (pour les personnes qui viennent de Dieuze), Marsal est, comme j’aime l’appeler, une petite citée de caractère avec ses remparts, son musée du sel, sa collégiale, ses nombreux bâtiments du 17ème et 18ème siècles.

Ce projet d’usine aux pieds des remparts de Vauban risque de dénaturer ce lieu historique.
Le pire dans cette histoire c’est que les bâtiments de France ont déjà donné leur autorisation. Je rappelle quand même, qu’une autorisation avait été demandée par la commune pour l’implantation d’un lotissement de cinq maisons et que celle-ci s’est vue refuser le projet pour une sombre histoire de vue aérienne. Là, les bacs de stockage du fumier qui seront à l’entrée de notre village ainsi que les quatre tours gigantesques de cette usine ne seront pas un problème !!

Il y a de quoi se poser des questions sur l’autorisation donnée par les bâtiments de France. J’ai déjà eu affaire à eux pour la rénovation de ma maison. Les tuiles devaient avoir une certaine forme et couleur, les fenêtres être comme cela, enfin bref, une vraie contrainte !

Lors de cette fameuse réunion , on nous a tenu des propos erronés sur les terres inondables le long du pipeline. Après consultation de documents, il s’avère qu’il y a d’autres endroits possibles, éloignés seulement de quelque kms par rapport au lieu d’implantation initialement prévu.

On peut comparer la superficie au sol de cette usine avec celle d’un grand hypermarché et son parking. Ce n’est pas rien.

2 - Les nuisances.

- les odeurs : là aussi, on nous a dit qu’il n’y aurait que très peu d’odeurs , j’en doute fortement !
Chacun sait que du fumier retourné ne dégage pas d’odeurs et n’attire pas les mouches ! Et je ne parle pas du lisier ni des déchets de cantine.

- le bruit : il faut bien amener ce fumier, lisier et autres cultures ou déchets vers ce méthaniseur. Cela va générer un trafic routier important et bruyant.
Il y aura aussi le bruit inhérent au fonctionnement de cette usine .

L’implantation de cette future usine étant située en hauteur par rapport au village, les bruits se propagent et s’amplifient aisément. Quand ils ont fait les études du sol sur le futur emplacement de l’usine, j’entendais clairement le bruit de la pelle mécanique comme si elle était dans ma cour !
De plus le va et viens continu des camions venant alimenter le méthaniseur va générer un surplus de trafic au niveau d’un carrefour déjà dangereux et connu pour avoir déjà été mortel.

- les routes communales : où forcément il va y avoir des dégradations au niveau des routes communales avec les aller-retour quotidiens des tracteurs aux remorques bien chargées.... Qui va payer ? Qui va entretenir ?

3 - Et pour finir :
- Qui va vouloir habiter Marsal réputé pour sa quiétude ?
- Quel sera le devenir de nos maisons forcément dévaluées ?
- Quelles garanties aurons nous au niveau de la sécurité assurée dans ce lieu, car le risque zéro n’existe pas !

En conclusion : un projet privé prime-t-il sur le bien-être d’une collectivité ?


"Ma cité et ma patrie, c’est Rome et c’est le monde." Marc Aurèle

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